Accueil Forums Philosophie Wing Chun Cet adversaire qui me fait grandir

Ce sujet a 3 réponses, 3 participants et a été mis à jour par  Lionel Roulier, il y a 2 semaines et 1 jour.

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  • #3250

    Sab
    Participant

    Il y a peu de temps, j’ai entendu cette phrase « cet adversaire qui me fait grandir ». Le reportage que je regardais n’avait rien à voir avec les arts martiaux, mais cette phrase a résonné en moi, et a pris de la place jusqu’à ce que je comprenne certaines choses.

    Ne pas voir son adversaire comme un ennemi mais comme un partenaire, rien que cette manière de voir les choses est intéressante. Alors cet adversaire, ces adversaires, c’est bien sûr nos partenaires d’entrainement. Les grands, les moins grands, les puissants, les techniques, ceux qui donnent des conseils, ceux qui sont sans concession. Chacun à sa manière, donne un peu de lui et nous fait progresser en nous mettant des barrières, différentes d’un partenaire à l’autre, mais aussi des marches pour nous aider à franchir les obstacles présentés par d’autres. Quelle motivation de se donner comme objectif de mettre en difficulté cet adversaire que l’on redoute aujourd’hui !

    Mais ce qui m’a frappé dans cette phrase et qui a mis du temps à se révéler, c’est qu’il y a l’autre adversaire, celui que l’on amène avec nous, dont on ne veut pas toujours admettre la présence, mais qui est pourtant bien là. Notre adversaire intérieur. Celui qui nous dit « oh allez, ce soir je ne vais pas à l’entrainement, je suis fatigué ». Celui qui trouve plein de bonnes raisons de ne pas s’entrainer tous les jours, parce que « je n’ai pas le temps ». Celui qui chuchote quand on ne progresse plus, « je ferais mieux de faire autre chose, ça n’est pas fait pour moi ». Celui surtout qui cherche des excuses quand telle ou telle technique nous pose problème : « ça n’est pas ma faute, c’est parce que mon adversaire ne fait pas comme il faut ; c’est normal que je n’y arrive pas, je n’ai pas de mannequin de bois ; oui mais je n’ai pas de partenaire pour m’entrainer quand je veux », et tant d’autres exemples.
    Dans la pratique, on peut le rencontrer, notamment lors du Chi Sao quand les barrières de sécurité d’un exercice cadré tombent et qu’on accepte de se regarder en face. Il se révèle par la peur, l’envie de fuir, de se protéger, par la colère, l’agressivité, mais aussi la joie, l’enthousiasme, le plaisir… Et c’est lorsque l’on rencontre cet adversaire que l’on commence à comprendre qui nous sommes, à connaître nos limites, et peut être seulement à trouver un moyen de les franchir. Alors finalement mon plus grand adversaire, c’est peut être moi et c’est peut être là qu’il faudrait commencer à regarder pour avancer.

    #3251

    arnaud.letrain
    Participant

    Bonjour Sab, bonjour à tous les pratiquants de ce forum,

    Effectivement je suis d’accord avec Sab et son analyse, notre pire ennemi c’est nous, on arrête pas de nous le dire dés qu’on passe la porte du dojo mais, une fois que l’on a dit cela comment on fait car souvent derrière la seule chose qu’on nous propose c’est : pratique et sa viendra ! moi perso sa vient pas malgré 6 ans de pratique (je ne suis pas pratiquant de Wing Chun mais de Kung Fu Shaolin), je serais intéressé de savoir si quelqu’un de ce forum peux expliquer des ou une méthode pour réussir a changer notre moi profond, celui qui nous fait devenir rigide pendant un combat ou qui nous rend incapable de faire ce que l’on aimerait ?

    Merci

    #3253

    Sab
    Participant

    Bonjour Arnaud,

    Difficile de répondre à une telle question et je ne me sens pas du tout à la hauteur pour cela 🙂 Je vais juste donner mon point de vue.
    Selon moi, changer son moi profond n’est pas forcément le but, ou plutôt disons que je ne sais pas si c’est possible. Là où la pratique me sert, c’est pour identifier certaines choses, certaines émotions face à telle ou telle situation, comme un laboratoire où les expériences seraient faites en accéléré par comparaison à la vie quotidienne.
    Du coup, si mon moi profond est d’être peureux, d’avoir envie de fuir, ou d’être agressif quand je ne me sens pas à l’aise, alors OK, je l’observe. Idem pour l’histoire d’être raide, je pense qu’on a tous ressenti cela. La question qui se pose, c’est de savoir pourquoi on est raide (peur de prendre un coup ? mécanisme de protection pour mieux encaisser un coup potentiel ? pas sûr de soi et de sa capacité à faire autrement…). Une fois qu’on a identifié la raison, alors j’ai l’impression que l’on peut commencer à jouer avec nos réactions, les accepter, puis les travailler. Et dans ce sens, la salle reste un lieu d’expérimentation génial puisque finalement on ne risque pas grand chose! Maintenant, j’avoue ne pas en être là encore…;)

    #3275

    Lionel Roulier
    Admin bbPress

    Salut Sab, Bonjour Arnaud,

    Je trouve la réponse faite par Sab très bien car c’est vrai la première des choses à faire avant d’essayer de se changer et de faire un état des lieux de soi 🙂

    Alors pour répondre à ta question Arnaud, voici un semblant de méthode, car en Wing Chun mais aussi dans d’autres arts martiaux, on utilise la méthode des yeux bandés !

    Le principe est de ne pas pouvoir avoir l’esprit comme support tel qu’il le serait lorsque l’on utilise nos yeux, le fait de ne devoir que se baser sur les sensations va vraiment donné un nombre impressionnant de détails à vos réactions profondes.

    Cela va aussi permettre d’enlever certaines peurs car ce sont elles qui nous bloquent, les peurs font partie de l’ego et sont donc des freins à toutes évolutions.

    En Wing Chun, lorsque nous faisons du Chi Sao avec les yeux bandés, au départ tout le monde se crispe car, les peurs réduisent le champ d’action (principes neuro du stress) et les techniques deviennent plus lentes, plus compliquées moins efficaces, il faut alors un certain temps avant de pouvoir se relâcher et pouvoir faire ce qui serait facilement faisable avec les yeux ouverts.

    Bien sûr un partenaire bienveillant et important car le premier imbécile venue qui voudrait faire le malin pourrait facilement, faire en sorte de conforter vos peurs et les ancrer aux plus profonds de vous, ce qui nous ramène a l’autre face de cette adversaire : mon partenaire 😉 Yin / Yang

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