la legende du wing chun
Il était une fois… un combat légendaire
La légende commence il y a environ 400 ans, dans le sud de la Chine. Ng Mui, une nonne rescapée de l’incendie de Shaolin se promène dans les bois. Soudain, elle entend deux animaux qui se battent: une magnifique grue blanche et un serpent. Elle observe la scène sans faire de bruit et est fascinée par ce qu’elle voit: ces 2 animaux ne sont pas pourvus de griffes ni de crocs, ils ne sont pas imposants comme les grands félins, et pourtant ils se battent chacun avec leurs avantages. Ce combat inspire la nonne au plus profond d’elle même. Désormais, elle n’utilisera plus la force brute dans sa pratique martiale, elle se battra comme la grue et le serpent.
un marché étonnant
Non loin de là, Monsieur Yim et sa famille vendent du tofu au marché, comme toutes les semaines. Et comme toutes les semaines, un jeune homme de riche famille vient importuner sa fille. Il est vrai que Wing Chun est très belle et attire le regard de nombreux garçons. Mais celui là est très insistant et devient menaçant. Monsieur Yim ne sait pas quoi faire, jusqu’au jour où la nonne Ng Mui arrive à sa boutique.
La nonne, touchée par la situation de la jeune fille, propose le marché suivant: si le jeune homme veut épouser Wing Chun, il devra la vaincre dans un duel d’art martial. Le jeune homme n’a pas le choix, il doit accepter le marché, mais de toutes façons il est sûr de gagner.
le duel
Le jour du duel arrive. Wing Chun se présente face au jeune homme et le combat commence. Il est sans pitié et le jeune homme, malgré sa forme et son entrainement martial, ne parvient pas à dominer Wing Chun comme il le pensait. La jeune femme fait face, esquive et enchaine les attaques sans relache. Ses attaques sont vives, rapides, très rapides même. Elle parvient à utiliser ses 2 mains simultanément ce qui perturbe le jeune homme qui n’a jamais rencontré un tel style auparavant. Il a beau essayer de frapper fort, Wing Chun n’est jamais sur sa trajectoire, il s’épuise. Au bout d’un moment, la jeune femme, qui a réussit à économiser son énergie prend le dessus et gagne le combat. Elle est enfin libérée. Elle retourne voir son mentor qui lui fait promettre de transmettre à son tour cet art martial.
la naissance du wing chun kung fu
Quelques temps plus tard, Yim Wing Chun rencontre celui qui deviendra son époux, un marchand du nom de Leung Bok Chau. Il s’est plié comme tous les autres, au devoir d’affronter Wing Chun en duel, mais il est le seul à avoir gagné, du moins c’est ce qu’il croit… un jour alors qui’ils discutent, Wing Chun lui avoue qu’elle s’est laissée battre volontairement. Leung Bok Chau, vexé, demande immédiatement un nouveau combat… et se fait battre rapidement!
Admettant que l’art martial de son épouse est plus efficace, il demande à devenir son élève, ce qu’elle accepte volontiers, honorant ainsi la promesse qu’elle avait faite à la nonne. Leung Bok Chau ouvre une école d’arts martiaux. Un jour, ses élèves lui demandent: « maître, quel est le nom de cet art martial que tu nous apprends ? ». Leung Bok Chau répond tout naturellement « mais c’est l’art martial de Wing Chun »!
histoire ou légende? les leçons à tirer…
Que cette histoire, racontée par le maître Ip Man, soit vraie ou non importe peu. Ce qu’il faut comprendre, ce sont les leçons cachées derrière les mots.
En premier lieu, pourquoi des femmes au centre de la légende ? Ceci n’est pas commun, encore moins à cette époque. Mais les personnages féminins amènent tout de suite l’idée que le Wing Chun ne peut pas être un art martial basé sur la force brute. L’image de la femme vient avec l’idée de fluidité, de souplesse, d’esquive, de rapidité. C’est également vrai pour le choix des animaux, mais ceci, je l’ai déjà expliqué en détail dans un article que vous retrouverez dans le blog!
En seconde leçon, cette légende amène tout de suite l’idée de transmission. Traditionnellement, un maître enseignait à un seul élève à la fois, et cet élève devenait le garant de la transmission et le porte parole de son maître. C’était à lui de faire briller son maître, tant par ses aptitudes martiales que par ses attitudes au quotidien. Et la tradition voulait que l’élève ouvre une école au nom de son maître. Ici dans la légende, la nonne offre son enseignement à la jeune femme puis disparait de l’histoire. De la même façon, Wing Chun transmet à son mari, et seul son nom reste. Ce qu’elle devient ensuite, nul ne le sait. Mais son nom continue de résonner à travers les âges.
la lignee fwc
ip Man
1893 – 1972
Formation
Ip Man (葉問) est né le 1er octobre 1893 à Foshan, dans la province du Guangdong, en Chine.Issu d’une famille aisée, il commence le Wing Chun à l’âge de 13 ans avec Chan Wah Shun.
Après la mort de Chan, il poursuit son apprentissage avec Leung Bik, fils du grand maître Leung Jan. Jeune adulte, il devient officier de police à Foshan.
En 1949, fuyant le régime communiste, il s’installe à Hong Kong.
Enseignement
Arrivé à Hong Kong, il commence à enseigner le Wing Chun publiquement pour la première fois. Son approche structurée attire de nombreux élèves, dont plusieurs deviendront célèbres.
Ip Man enseigne trois formes principales à mains nues : Siu Lim Tao, Cham Kiu et Biu Jee. Il transmet également les armes traditionnelles : le bâton long (Lok Din Poon Kwan) et les couteaux du wing chun (Baat Jam Dao). Il introduit l’usage intensif du mannequin de bois (Mook Yan Jong) dans son enseignement.
Maître Ip met l’accent sur l’efficacité, la simplicité et la sensibilité tactile via le Chi Sao (mains collantes).
son héritage
Malgré une vie modeste, il gagne le respect de la communauté martiale pour son intégrité et son savoir. Il décède à Hong Kong le 2 décembre 1972, laissant derrière lui un héritage durable.
Aujourd’hui, il est considéré comme le maître fondateur moderne du Wing Chun, grâce à sa transmission et ses élèves.
YIU CHOI
1890 – 1956
Formation
Il nait vers 1890–1892 à Foshan, dans la province du Guangdong (Chine). Il commence le Wing Chun vers 1920, en étudiant principalement avec Yuen Chai Wan (frère aîné de Yuen Kay San). En 1936, lorsque Yuen Chai Wan part à l’étranger, Yiu Choi poursuit son entraînement auprès de Ng Chung So, un ancien élève de Chan Wah Shun
Enseignement
Sa puissance et sa stature lui valent le surnom “Dai Lik Choi” (« Choi le très fort ». Il enseigne à son fils Yiu Kay, mais aussi à d’autres disciples reconnus comme Go Bing et Fok Jo. Il est le frère d’arme d’Ip Man : les deux partageaient Ng Chung So comme professeur.
Il tient un salon de jeux et opium, où il reçoit Ng Chung So pour lui permettre de poursuivre l’enseignement du Wing Chun. Sous Ng Chung So, Yiu Choi développe un art mêlant force puissante et sensibilité douce, notamment au dummy en bambou. Il maîtrise des techniques redoutables : coup de poignet, inch punch, bong sau, et peut générer une force équivalente à 460 lb.
son héritage
Entraîné par Ng Chung So, Ip Man, Yiu Choi et Yuen Kay San formaient le groupe des “Trois Héros de Wing Chun”. Il appartient à la 5ᵉ génération de Wing Chun, reconnu comme “descendant” du système par Ng Chung So.
Yiu Choi meurt en 1956, laissant un grand héritage piloté ensuite par sa descendance. Son enseignement distinctif continue via le style Yiu Family Wing Chun, fondé par son fils Yiu Kay. Sa lignée reste active aujourd’hui à travers ses fils et élèves, et ses principes sont partagés jusqu’en Europe et aux États-Unis
Chow Tze Chuen
1925 – 2017
formation
Né en 1925, il commence son apprentissage du Wing Chun en 1955 auprès d’Ip Man, dans l’école de Lee Tat Street, Yau Ma Tei à Hong Kong. Ip Man déplace son école en 1957 vers Li Cheng UK Estate, un bâtiment public exigu et peu hygiénique. Peu d’élèves suivent, mais Chow organise des cours pour ses collègues de la Kowloon Motor Bus Company afin de soutenir Ip Man. L’espace limité empêche l’installation d’un mannequin dans le dojo. Chow installe donc un gros dummy sur une terrasse où la mousse rend le sol très glissant après la pluie. Malgré cela, il s’entraîne intensément chaque soir, améliorant ainsi la précision, la puissance de sa posture et son jeu de jambes.
enseignement
En 1962, Ip Man lui remet un mannequin de bois et l’encourage à ouvrir son propre club. Ainsi, Chow ouvre une école dans Kowloon, puis la déplace à plusieurs reprises pour finalement la stabiliser dans Shamshuipo. Il enseigne la totalité du système Wing Chun tel qu’il lui a été transmis par Ip Man, notamment la forme avancée des Baat Jam Dao. Il met en avant le jeu de jambes dans ses enseignements, une pratique qu’il hésitait à intégrer dans le Chi Sao mais qu’Ip Man l’a poussé à enseigner, valorisant ainsi le premier usage de la jambe dans la fluidité et l’application pratique.
son héritage
Maître Chow Tze Chuen reste une figure humble et discrète mais fondamentale dans la transmission traditionnelle du système Wing Chun d’Ip Man. Par ses élèves – notamment Donald Mak – son enseignement perdure aujourd’hui à travers l’IWCO dans le monde entier.
Spécialiste des coups de pied. Spécialiste des couteaux du wing chun.
« Le neutre comme idée »
Fok Chiu
1929 – 2022
formation
Né en 1929 à Foshan (province du Guangdong, Chine), il commence l’étude du Wing Chun dès l’âge de 16 ans, sous la direction de Leung Fook Cho, un disciple de Leung Jan, maître mythique de Wing Chun dans le sud de la Chine. Plus tard, il approfondit son art avec Yiu Choi, l’un des « trois héros du Wing Chun » aux côtés de Yuen Kay Shan et de Ip Man.
enseignement
Il émigre à Hong Kong dans les années 1940–1950. Dans les années 1950, il ouvre un club de Wing Chun à Wong Tai Sin, Kowloon, et devient célèbre pour ses victoires dans des « beimo » (combats clandestins sur les toits) — la presse le surnomme « le mystérieux expert du Kung Fu au pied de la montagne du lion ». En 1992, encouragé par l’arrivée de Lionel Roulier dans la famille, il renoue avec l’enseignement et aide notamment le maître Leung Ting pour le livre Roots of Wing Tsun.
son héritage
Il est spécialiste de la forme originelle Che Tsin Kuen (Chong Kuen), un enchaînement offensif de 108 mouvements, transmis par Leung Fook Cho.
Il se distingue par sa discrétion — jamais en quête de célébrité — et pour avoir intégré des pratiques de Qi Gong dans son enseignement, favorisant santé et longévité. Ses élèves ont maintenu et propagé son enseignement à travers le monde : États-Unis, Europe, Chine continentale.
Qi qong et wing chun
Spécialiste de la forme Chong Kuen.
« le mystérieux expert du kung fu au pied de la montagne du lion »
Lionel Roulier
LA SYNTHESE
Cédric Pathé
stéphane Leperlier
Sébastien Marant
Panit Pundarik
Sabrina Donnou






