31
Oct
2015

Questions des élèves – Structure et détente, comment faire ?

– L’élève

 

Dès les premiers cours, le pratiquant débutant va entendre ce conseil (très difficile à appliquer lorsqu’on a beaucoup de choses à intégrer !) : « Relâche les épaules ! ».

 

Avec plus de pratique on se rend compte que ce relâchement doit aussi être appliqué aux autres parties du corps.

 

De quel relâchement parle-t’on ? Est-ce uniquement musculaire ?

 

Y-a-t’il une méthode pour reconnaître cette sensation et la travailler ?

 

-Le professeur

 

On parle ici de tension musculaire qui a besoin d’être ré-équilibrée.

Lorsque l’on est dans un échange martial, même s’il est cordial, ou dans une situation conflictuelle, le corps a pratiquement toujours une tension qui se propage au muscle.

 

C’est un réflexe naturel d’auto-protection qui sert à être prêt au cas où il faudrait se sauver ou se défendre !

 

Cette tension se retrouve très souvent au niveau des épaules et du cou, mais aussi dans le bassin et les muscles fléchisseurs des membres inférieurs.

 

Quoi que très utile, cette tension ne permet pas de disposer de toute l’explosivité que le corps est capable de fournir.

 

C’est comme être en seconde alors qu’on n’a pas encore démarré la voiture.

 

Je prendrai aussi l’exemple d’un chat souhaitant monter sur une table.

 

Si vous observez ce chat, il va être en tension en regardant l’endroit où il doit bondir, mais juste avant de sauter vous le verrez d’un coup se détendre et puis jaillir.

 

C’est cette attitude de corps que nous devons avoir lors de notre pratique, c’est-à-dire avoir nos muscles dans un état d’équilibre parfait qui va permettre cette explosion de vitesse et de puissance.

 

Cela vaut pour l’ensemble du corps : les épaules ne doivent être ni tirée vers le haut, ni tirée vers le bas, idem pour le bassin qui ne doit pas être trop en avant ou trop en arrière, etc.

 

Encore et toujours ce principe Yin Yang !

 

Pour ressentir cette sensation, il y a deux exercices que l’on peut faire :
Le premier est de monter et descendre les épaules au maximum que vous pouvez et ressentir l’endroit où la demande musculaire est la moins forte.

 

Le deuxième consiste à monter votre épaule au plus haut et de la lancer vers l’avant comme si vous frappiez avec, puis de descendre en faisant des paliers et en frappant à chaque palier.

 

Là aussi le but est de ressentir l’endroit où vous avez été le plus explosif. Bien entendu, cela vaut aussi pour le reste du corps.

– L’élève

 

La mise en place d’une bonne structure est aussi un objectif présent dès le début de la pratique.

 

De quoi est-ce qu’on parle quand on dit « structure » ? Est-ce la posture, la tension musculaire ?

 

Quels exercices vont nous permettre de tester notre structure, et de l’améliorer ?

 

-Le professeur

 

La structure est un ensemble de fonctions corporelles mises en relation pour atteindre un but précis.

Chaque étape de la pratique Wing Chun est directement concernée par cette notion de structure.

 

La notion de posturologie est importante, par exemple la posture « Yee Dji Kim Yeung Ma » permet de mettre l’ensemble du système osseux et des muscles en relation afin d’avoir le meilleur équilibre possible, mais aussi de placer correctement le haut du corps de façon optimale pour que les organes puissent avoir l’espace nécessaire à leur fonction.

 

La gestion des tensions musculaires quand à elle doit permettre d’apporter l’énergie nécessaire pour résister, s’échapper ou contre-attaquer.

 

Le but est de conserver l’ensemble de cet équilibre corporel malgré les contraintes extérieures.

 

Un travail de pousser/tirer fait par un partenaire sur votre posture peut être intéressant pour ressentir les effets sur votre structure.

 

En position YDKYM, votre partenaire va venir vous presser de face, de profil ou encore de dos.

 

Il peut le faire à différentes hauteurs, épaules, torse, ventre, bassin, genoux.

 

Votre partenaire peut aussi tester votre structure en tirant légèrement pour ainsi faire ressentir une force opposée.

– L’élève

 

A priori ces deux éléments (la structure et le relâchement) semblent opposés : on aura tendance à contracter pour rendre la structure plus rigide, y compris certains muscles qui ne participent pas du tout à cette structure.

 

Un peu comme l’enfant qui tire la langue pour s’appliquer à écrire ou dessiner …

 

Doit-on utiliser l’un ou l’autre selon la situation, ou bien les deux en même temps (structuré ET relâché) ?

 

Comment concilier ces deux aspects piliers du Wing Chun ?

 

– Le professeur
Je dirais plus tôt que les deux piliers du Wing Chun sont la structure et la neutralité !

Il est important de comprendre que le relâchement est juste l’action que l’on doit faire si notre tension musculaire est trop importante au regard de l’action à mener.

 

Il existe l’action inverse : par exemple souvent lorsque l’on enseigne le Wing Chun aux femmes, on va leurs demander de mettre plus de tension musculaire.

 

Dans la culture chinoise on emploie le terme de Wu Wei, qui est le lâcher-prise.

 

Ce terme ne signifie pas que l’on doit être détendu et complètement vide, mais que l’on doit être ‘juste ce qu’il faut’ au moment où il faut.

 

Être plus tendu serait une perte d’énergie et être moins tendu serait une perte de vigilance ou de repères.

 

Cet état d’équilibre est appelé « Jam Lap tchong Seen ».

 

Tchong Seen est d’ailleurs le terme employé pour nommer la ligne centrale en Wing chun.

 

L’ensemble du système Wing Chun est basé sur le travail en parallèle de ces deux piliers.

 

On pratique les formes en cherchant la structure(mise en relation de l’ensemble des fonctions demandées) dans un état neutre (équilibre parfait entre chaque ensemble).

 

Enfin, lorsqu’on pense avoir trouvé cet équilibre structuré, on va travailler l’ensemble des variations en mettant plus de Yang (tension) ou plus de Yin (détente).

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