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22
01
2019

L’oeil du tigre, la vérité vrai !

Quoi regarder pendant un combat !

Apprendre où regarder peut faire toute la différence dans vos compétences au combat.

Mais que doit-on regarder ?

L’épaule? La main? Les yeux? La réponse est moins compliquée que vous ne le pensez.

On entend souvent :
– tu devrais toujours regarder sa main avant, car elle bouge souvent la première !

– si tu veux voir les coups venir il faut regarder ses épaules, car cela permet de voir l’orientation du corps !

– Si tu regardes ses yeux, tu pourras voir l’émotionnel et tu sauras quand il va frapper!

Pour ma part j’ai l’habitude de dire a mes élèves: «Il suffit de regarder le sternum et de se servir de la vision périphérique.»

Mais lorsque le moment du Chi Sao ou du combat arrive soit ils ne le font pas, soit ils le font trop bien ! Ce qui a pour effet de ne pas réellement bien marcher.

Mais pourquoi l’ensemble de ces « trucs » que l’on vous dit comme regarder des endroits spécifiques ne marchent pas en situation réelle !

La vérité est que rien de tous ces trucs n’a d’importance, parce que n’importe quoi dans le combat pourrait être une feinte, une action dénuée de sens ou carrément être invisible, ces trucs ne sont là que pour vous apprendre et vous former mais il faut allez plus avant.

Quand je donne mon explication, j’y incorpore toujours une petite image et souvent mes élèves oublient ou ne réfléchissent pas à cette suite de mon explication. Ils s’arrêtent à mon orientation première qui est : fixe le centre (sternum) de l’adversaire et sers toi de la vision périphérique.

La suite de mon explication est l’image d’un pilote de chasse aux commandes de son avion qui ne peut tourner la tête à cause de la vitesse et qui doit se servir de sa vision périphérique pour faire attention a tout ce qui est dans son champ de vision.

(Un peu comme les maîtres chinois qui m’ont enseigné, j’aime donner des images afin d’aller chercher une réflexion plus profonde chez mes élèves, ces images permettent aussi leurs interprétations Multi-directionnelles, l’élève y comprend ce qu’il imagine lui-même, ce qui donne de nouvelles idées et compétences.)

Cette petite histoire signifie une chose : Ne regarde aucune chose.

Il est important de faire attention au corps de votre adversaire. Remarquez comment j’ai dit «faites attention» au corps, je n’ai pas dit «regardez» le corps.

Dans ce cas on ne cherche rien de spécifique. Surtout, on ne recherche pas les mouvements de l’adversaire !

Ne pas chercher les mouvements de l’adversaire ! C’est là que la plupart des combattants me sautent à la gorge généralement 🙂

Non il ne faut pas regarder les mouvements de l’adversaire, vous devez rechercher quelque chose de plus précieux, quelque chose qui fera la différence entre gagner le combat et le perdre.

Alors, pour arrêter de regarder et commencer a faire attention je vais vous donner une autre image :

Pensez à la conduite: lorsque vous conduisez, vous ne cherchez pas les voitures, les maisons ou les objets autour de vous susceptibles de vous gêner. Vous avez hâte de voir où vous voulez aller, la route à prendre.

Bien sûr, vous faites attention à toutes ces voitures, ces panneaux le long de la route et les piétons, mais vous ne vous y attachez pas, vous n’êtes pas à regarder consciemment, mais vous savez que votre subconscient garde la possibilité de réagir à tous ces obstacles.

Vous remarquerez peut-être des choses de votre vision périphérique, mais vous ferez toujours attention à ce qui se trouve devant vous.

Je vous promets que le Wing Chun n’est pas si différent de la conduite et que faire attention est plus efficace que de regarder !

Juste un point important car une fois que l’on peut conduire son Wing Chun, il est important de savoir sur quelle route on conduit.

Un circuit de course qui représente le combat en club ou en compétition ? le circuit est alors un endroit spécialement fait pour soit aller vite (formule 1) ou se rentrer dedans (stock-car).

Dans ce cadre « le combat », on recherche les ouvertures, les moments où l’on peut placer ces techniques, ces actions.

Le combat est à but de victoire, il faut donc y rechercher des ouvertures afin de gagner des points, trouver un KO, etc…

Par contre la route avec les autres conducteurs, les cyclistes, piétons et autres conditions de route représente la self-défense, la moindre erreur peut être lourde de conséquence.

Dans la protection de soi, le seul but est sa survie on va donc chercher non pas les ouvertures mais le contraire, la fermeture des possibilités de l’agresseur.

Les modes de lectures sont opposés !

Ce qui est bien dans notre art du Wing Chun, c’est que nous avons un exercice qui nous permet d’améliorer notre attention.

En pratiquant le Chi Sao on réduit les distances des membres et du corps de l’adversaire rendant ainsi difficile de voir arriver les coups. Et si vous le pratiquez les yeux bandés vous allez vite vous rendre compte que de ne pouvoir voir renforce l’attention, cette attention étant précieuse et efficace.

Je vous conseille donc de vous servir du Chi Sao comme circuit pour conduire votre pratique.
Faites du Chi Sao en mode course folle, demandez à votre adversaire de vous attaquer rapidement et en continu: votre attention ne va se porter que sur votre instinct immédiat.

Faites une course d’endurance, mettez vous au centre du tapis et faites du Chi Sao pendant 4 ou 5 minutes en changeant d’adversaire sans arrêt à la fin de ce temps, puis tournez comme cela pendant une demi heure: votre attention va emmagasiner, gérer les situations et s’en trouver développée.

Ce ne sont que des idées, à vous de trouver comment améliorer votre pouvoir de l’attention.

author: Lionel Roulier

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brice

Super article ! Le parallèle avec la conduite est très parlant (pour moi en tous cas) ! Pourtant je conduis très peu, mais je me rappelle bien de mes premiers cours de conduite où j’étais très stressé et j’avais beaucoup de mal à avoir cette vision d’ensemble. Apprendre à regarder au loin et laisser venir à moi les informations a été le plus dur à l’époque, entre autres parce que ça implique de garder un mental à peu près calme, éviter l’effet tunnel.

En Wing Chun, avec mon 1m90 quand je regarde en direction du sternum de certains adversaires je me casse un peu le cou, mais l’idée de vision globale « passive » (laisser les info venir à soi et l’inconscient va trier pour nous ce qui est pertinent) reste le plus important.

Jean-elie

Bonjour, intéressant comme sujet, j’ai aussi tendance a regarder soit le sternum soit le cou ( tout dépend de la taille du partenaire) avec le regard un peu vide , mais une des raisons qui me font regarder ainsi est que j’ai du mal a fixer les yeux des autres ( que pendant l’entraînement).

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